La sieste : bonne ou mauvaise idée lorsqu'on est insomniaque ?

Je l'évoquais dans le dernier podcast, ce n'est pas si évident d'aborder sereinement la sieste.

Les répercussions d'une sieste trop longue, au mauvais moment, ou l'inutilité d'une sieste trop courte sont autant de temps perdu et d'usure psychologique.

Mais avant de creuser la sieste en elle-même, t'es-tu déjà demandé(e) si la sieste était vraiment utile pour toi ?

La sieste : un besoin physiologique ?

D'après les études menées sur la courbe d'une cortisol (notre hormone de l'éveil) il semblerait que nous ayons une baisse de sa production en tout début d'après-midi. Juste après le déjeuner.


Ainsi, ce créneau d'environ 2h serait propice à la sieste.

Sachant que la somnolence est accentuée par la qualité/quantité du repas ingéré.


Visiblement nos ancêtres chasseur-cueilleurs profitaient déjà de l'après repas pour se reposer.

Certains avancent même l'idée que la sieste est vraiment un acte naturel dont le corps a besoin.


Mais si c'est vrai pour les 80% de la population ne souffrant pas d'insomnie chronique, qu'en est-il pour les autres ...?

La sieste, pas toujours conseillée pour les insomniaques

Pour toute personne n'éprouvant pas de trouble du sommeil il n'y a pas vraiment de contre indication pour la sieste.

Celle-ci va contribuer à soulager la pression du sommeil qui s'accumule au fil de la journée.

Cela permet d'être plus énergique tout au long de l'après-midi et d'arriver en forme le soir.


Hors nous autres, pauvres "dauphins", avons cruellement besoin de cette pression de sommeil pour nous endormir !


Très souvent, les insomniaques ont un reguin d'énergie le soir, souvent lié à l'anxiété face à la nuit, ou a une courbe du cortisol décalée par exemple.

Inutile donc d'en rajouter. Il nous faut être assez fatigués pour mieux s'endormir.

Dire "non" définitivement à la sieste ?

Devons nous dire non à la sieste malgré cette pesante fatigue que nous traînons toute la journée ?

Non, je te rassure, la sieste est possible mais tout est question de bon dosage et de bons moment !


Par contre, attention, je te conseille de ne pas déroger aux règles qui vont suivre sous peine de tirer un trait sur ta nuit.


Nombreuses sont les personnes qui se retrouvent complètement décalées : à vivre la nuit et dormir le jour, suite à une accumulation de ce qu'on pourrait appeler des "siestes inadéquates".

Les insomniaques doivent apprendre à maîtriser l'art de la sieste

Voici les 3 types de sieste qui se présentent à vous :


La micro-sieste : seulement 2 à 3 minutes. Permet de se déconnecter du quotidien et de fermer ses paupières qui brûlent la plupart du temps et de laisser un instant au cerveau pour s'échapper. Celle-ci peut s'effectuer à tout moment de la journée sauf dans l'heure avant le coucher.


La sieste classique : environ 20 minutes. Doit se pratiquer dans des conditions différentes du coucher pour ne pas faire croire à ton cerveau que c'est le soir : évite ton lit, évite l'obscurité totale, en tenue de jour, et si possible pas complètement allongé. La sieste doit être faite avant 16h. Surtout mets bien ton réveil pour ne pas dépasser les 20 minutes. Sinon tu risques de rentrer dans une phase de sommeil profond et d'éprouver à la fois beaucoup de difficultés à émerger de la sieste mais aussi à dormir la nuit qui suit.


La sieste longue : environ 1h, j'aime bien l'appeler la sieste "spéciale insomnie". Idem, il te faudra mettre ton réveil car elle ne doit surtout pas dépasser 1h30. Cette sieste est réservée aux personnes n'ayant pas dormi plus de 4h la nuit précédente. Elle te permet de bénéficier d'un petit peu de sommeil profond sans toutefois te supprimer complètement ta pression de sommeil pour le soir. Comme la précédente, elle doit être faite en début d'après-midi de préférence et dans tous les cas jamais après 16h.

Si tu veux avoir plus d'information sur le sujet tu peux consulter le site de l'Institut National de la Santé et de la Vigilance.

Les exceptions

- Vigilence nécessaire au travail sur un poste à risque potentiel (travail sur engins, machines, surveillance, encadrement d'enfants...).

- Somnolence en voiture.


Dans ces cas-là, quelque soit l'heure, si tu ressens une trop grande somnolence, le plus sage est de s'accorder une sieste de 20 minutes pour ne pas risquer de mettre en danger ta santé et celle des autres.

Et si on ne parvient pas à faire la sieste ?

C'est très souvent le cas.

Et je l'ai expérimenté à de nombreuses reprises.

On reste là à attendre que le réveil sonne.

L'angoisse.

Dis-toi alors que ce n'était simplement pas le bon moment pour toi.

Il faut vraiment attendre une très forte somnolence pour t'accorder ce moment.

Par contre si tu la vois arriver, surtout ne le rate pas !

Cette phase d'une dizaine de minutes parfois peut ne plus revenir ensuite.

Et si elle n'arrive jamais dans la journée, tant pis, ne te blâme pas.

C'est que ton corps n'était pas prêt à lâcher prise.

Tu peux simplement fermer les yeux et te concentrer sur ta respiration pendant 10 ou 15 minutes, faire un balayage corporel et te déconnecter de ce que tu faisais.

Tu verras cela te fera un bien fou et t'aidera justement à lâcher prise jour après jour pour un jour pas comme un autre, dormir !

Conclusion

Je pense que la sieste peut vraiment aider et peut être systématique en période d'insomnie chronique.

Cela aide à sortir plus vite du cercle vicieux dans lequel nous avons un pied et à reprendre confiance en sa capacité à basculer vers le sommeil, même si c'est un court moment.


Pour aller plus loin sur le sujet tu peux écouter cet épisode de podcast : La sieste, bonne ou mauvaise idée.

Aurélie

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